Le programme RADAR est unique pour détecter le délirium

Cité universitaire – L’équipe de chercheurs du programme RADAR de l’Université Laval travaille sur un outil d’évaluation unique au monde qui permettra aux infirmières de détecter plus rapidement le délirium chez les aînés.

Selon Philippe Voyer, chercheur principal du programme RADAR en deuxième phase d’essai, «le projet est unique, aucune autre formule n’avait les mêmes caractéristiques, pas même en langue anglaise», a-t-il souligné en entrevue à L’EXEMPLAIRE.

L’équipe de chercheur de l’Université Laval a reçu une subvention de 450 000 $ pour mener à terme le projet amorcé il y a quatre ans et qui se trouve maintenant à mi-chemin de son processus d’évaluation. «Si tout va bien, il est prévu que le programme soit intégré dans tous les hôpitaux vers 2013-2014», a avancé M. Voyer.

Le délirium est un état confusionnel aigu, caractérisé par une perturbation de la conscience associée à une capacité réduite de fixer son attention ou de la porter sur autre chose. Cette perturbation a tendance à s’installer en un court laps de temps et tend à fluctuer au cours de la journée.

La création du programme RADAR a pour objectif principal de simplifier et de faciliter la tâche des infirmières. En fait, RADAR est une grille d’observation en cinq points des signes cliniques qui permet de repérer les symptômes de délirium.

Une bonne compréhension du diagnostic de délirium permet d’effectuer rapidement une prise en charge appropriée. La signification de l’acronyme RADAR (Repérage, Action, Délirium Au cours de la Routine) prend ainsi tout son sens.

«Les infirmières n’ont pas un fardeau supplémentaire sur leurs épaules étant donné le naturel de la démarche RADAR et l’importance de procéder à ces vérifications chez les patients âgés» a souligné M. Voyer. « Le programme RADAR ne simplifie pas notre tâche, car il faut poser cinq questions mais je ne peux pas dire que ça alourdit notre travail. Nous sommes plus vigilantes grâce au RADAR et ça permet de mieux détecter les signes cliniques associés au délirium » a expliqué Nadia Lamoureux, infirmière à l’unité de médecine du CHA.

«Le principal atout de l’outil RADAR est sa commodité. Il existe présentement une douzaine d’outils qui permettent de détecter le délirium avec des temps de réponse allant de cinq à vingt-cinq minutes alors que la méthode RADAR nécessite moins de 20 secondes» a expliqué, M. Voyer.

Un projet semblable au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a obtenu une subvention de 300 000$ du ministre de la Santé Yves Bolduc au mois de juin. Le tout dans le but d’améliorer la situation et éviter que les personnes âgées ne ressortent «encore plus malades» d’un séjour à l’hôpital.

D’après Madame Nadine Larente, directrice associée de la division de gériatrie du CUSM, «une rencontre aura lieu dans les prochaines semaines avec les chercheurs de l’Université Laval pour discuter de nos projets respectifs, pour le moment je ne peux rendre public notre programme», a-t-elle indiqué lors d’une entrevue téléphonique.

Les études démontrent qu’une hospitalisation non adaptée peut rapidement conduire la personne âgée à un delirium dans 20 à 50 % des cas. Dix à quinze pour cent des patients âgés hospitalisés présentent un délirium et jusqu’à 30 % de plus manifestent des symptômes de delirium pendant leur séjour à l’hôpital.

Comme il s’agit d’un projet encore en période expérimentale, plusieurs gériatres contactés ont mentionné ne pas être au courant du programme RADAR.

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